Scaphandre

MuseMedusa, 2026

Scaphandre. En écho à Diamanda Galas de Catherine Mavrikakis. Texte paru dans le dossier 14 de la revue MuseMedusa (sous la direction de Andrea Oberhuber).

 

« On ne sait pas toujours à quoi ou à qui on doit ces distorsions incongrues qui nous rapprochent de temps pas oubliés mais délaissés. Moins des distorsions peut-être que des boucles ou courts-circuits sur la spirale qui remet face contre face avec ce qui s’était enfoui dans sa crypte. Pour ce qui est de la rencontre que je fis adolescent avec la Troyenne, je crois savoir : ce fut un autre cri dans cette guerre qui ravageait mes parents – une de ces discordances qu’on est surpris soudain de percevoir. Pas vraiment un cri, à y bien réfléchir, ni un chant, crissement ou sifflement, ni un écho. Peut-être une trace ? Celle d’une voix. Une rayure qui se découvre, et si profonde qu’elle semble une faille qui parle. À moins que de faille il ne s’agisse de paupières s’ouvrant au bruit d’une pupille qui voit en mots. Mais quoi ? L’ange, esprit ou destin, dit-on, ne contemple derrière soi que le champ de ruines alors qu’il recule dos à l’avenir. On ne peut voir que destruction quand on voit – c’est-à-dire une apocalypse consommée4. On devient devin ou pythie que le don pousse dans l’avenir, et à qui s’offre le panorama de la ruine mouvante qu’est l’Histoire. Et rien ne peut en être dit ni décrit, sinon ce qui retentit de réalité et de désarroi – la vérité torride d’un soleil de deux heures de l’après-midi. »

 

Ill. Kiripi Katembo Siku