Quand la parole attend la nuit

Verdier, 2019

Première sélection du prix Décembre 2019 – Première sélection du prix Femina 2019

 

Dans cet entre-temps qui sépare la chute du Mur de Berlin et celle des Twin Towers, il y eut une époque, bouclant le siècle dernier, qui aura semblé à beaucoup en suspens. Solal fait alors ses études de médecine. Mais sa jeunesse est inquiète. Témoin de parents qui se déchirent, il connaît lui aussi les élans et désillusions du premier amour. Devenu interne, au fil des nuits de garde, il apprend à écouter, à ne plus avoir peur, à accepter parfois son impuissance.

Roman d’apprentissage et d’initiation amoureuse, Quand la parole attend la nuit éclaire les méandres de ce labyrinthe où l’on prend conscience qu’on est bien plus que soi.

Depuis longtemps, je voulais éclairer le versant intime que peuvent être des études de médecine, puis la pratique des urgences, quand les frontières sont bousculées et que l’on prend conscience de ce que signifie être humain. En esquissant ce mandala de la nuit, j’ai écrit un roman sur l’amour. Pour écrire il faut être un peu myope. Sinon on manque sa cible. Un livre est cet autre monde qu’on découvre sans l’avoir cherché.

Extraits de presse

par Patrick Goujon (Etudes) 

…Tissé de poèmes, ce roman d’apprentissage met sur la (fausse) piste de l’autobiographie et relèverait bien encore de l’écriture des moralistes : maximes sur la conduite de vie qui mettent le cœur à nu bien plus que la chair, et détrompent des malentendus dont l’esprit se berne pour masquer les violences qu’il veut voir dans l’amour. Nulle mélancolie ni complaisance mais l’écoute, la palpation de l’empreinte que laisse en soi l’être aimé. Autréaux poursuit ici son invention littéraire de l’auscultation des sources de l’empathie.

L’art d’aimer par Emmanuelle Rodrigues (Le Matricule des anges)

… Et le romancier de décrire alors le processus d’une métamorphose, à la lisière de la vie et de la mort, au seuil d’élucidations tout autant que de questionnements de plus en plus vertigineux. Si l’on a aimé lire les précédents livres de Patrick Autréaux, celui-ci aux accents autobiographiques plus estompés, n’en demeure pas moins inspiré par une expérience que l’auteur aura su transfigurer par les moyens de la fiction pour nous tendre ce « miroir nocturne »…

Une éducation de carabin par Christophe Kantcheff (AOC media)

En réalité, Quand la parole attend la nuit ne cesse d’excéder le sujet auquel on aurait tort de vouloir le contenir… Patrick Autréaux offre un nouvel axe à son travail en cours. Ses premiers livres, tels Dans la vallée des larmes ou Se Survivre étaient marqués par la proximité de la mort, lui qui a dû se battre contre un cancer ne lui laissant a priori que peu de chances. Dans son avant-dernier ouvrage, La Voix écrite (Verdier, 2017), il déployait sa réflexion à propos des contrecoups que la maladie avait eus sur son écriture et sa nécessité.

Avec ce nouveau livre, et même si celui-ci a une dimension romanesque, Patrick Autréaux explore un chapitre antérieur de sa biographie, qui forme les soubassements de ses livres précédents, et éclaire y compris son inclination poétique. Nous avons la chance que cette œuvre très singulière, où l’intime et l’universel se conjuguent comme rarement, où le silence s’instille dans l’aérienne musique des mots, se développe sous nos yeux. Il serait dommage de ne pas s’en saisir…

Carole Darricarrère (Sitaudis)

Ce livre dont le vrai sujet fait retour sur « l’enfouissement de l’amour » plus que sur « l’adieu », ressemble étonnamment à cette « fleur de thé dans une tasse chaude, quand on y verse soudain des passions inattendues » souvent évoquée et dont la saveur infuse (umami par excellence) en appelle à l’enfance du goût et pourrait subtilement se confondre avec l’origine d’un sentiment de perte. En prime une réflexion filée sur l’instinct de l’écrire, sa dérisoire pertinence en regard du « travail du secret » : « On peut dire que toute confession est nourrie par un vaste et très ancien cadavre. Un cadavre sans corps. Non un fantôme, mais le ferment que dépose en nous ce qu’on a brûlé de nous-mêmes en touchant à certaines limites (…) ».

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