Pussyboy

« Chaque fois, c’était la première chose qu’il demandait, ce thé au jasmin qu’il avait découvert chez moi. Je faisais rouler deux trois perles et versais l’eau bouillante. Assis sur le canapé, les mains enveloppant la tasse devant lui, il regardait l’eau se colorer et tourner lentement, la vapeur serpenter et se dissiper, les perles se dénouer en grandes araignées, s’enlacer et sombrer. À petites gorgées il se détendait. Si j’avais un truc à manger ? Des biscuits par exemple ? Il en croquait quelques-uns. Puis il posait la tasse et, me hameçonnant des yeux, suspendait un Alors ? entre nous. Cette fois il était bien là. Pour deux ou trois heures, ou pour la nuit. Il était bien là… »

Verdier, 2021

A paraître en janvier 2021.

« Bouche à étrange bouche. Rosa mystica s’entrouvre. Et nous voici transformés par quelque enlumineur anonyme en petits lapins ; prêts à bondir entre les lettrines et énormes arabesques qui nous surplombent, et dans les buissons qui entourent le regard ; nous voici mutuellement campés devant le musculeux œil rosé à pupille aveugle. Par là déboucherait-on vers la nuit étoilée ? Glissons, oui, down the rabbit-hole. »

Sous la trivialité ou la mécanique de l’acte sexuel, n’y-t-il pas une rivière cachée où tout roule avec des mystères révoltants ? Au-delà des transports amoureux et frustrations inévitables, c’est cette rivière inaperçue que tente de retrouver ce récit qu’on pourrait qualifier d’érotique. Pussyboy est peut-être le tracé d’un imaginaire qui cherche le moment de son carré blanc ; c’est-à-dire de ce qui censure ou ne peut se représenter, et dont le corps ouvre en nous la porte inconnue.

(Photo: Play Station, from the series For Your Eyes Only © Pixy Liao)

 

 

Extraits de presse

This book is as honest as it is imaginative—at last a sex memoir that explores religion, the history of painting, history itself—and that finds in sex the connective tissue of all our experience.

Edmund White