La Sainte de la famille

A paraître le 12 janvier 2023 aux Éditions Verdier.

Le récit s’ouvre sur l’enfance du narrateur, un trou que personne ne soupçonne, creusé par l’annonce de la mort de sa grand-mère. Il a cinq ans. Tout ce qui précède ce premier deuil semble effacé de sa mémoire jusqu’à ce qu’il ne traverse lui-même, bien plus tard, une maladie grave. Tandis qu’il relit un jour des écrits de Thérèse de Lisieux, se révèle à lui un coin inconnu de sa grande volière intérieure. Et c’est dans un dialogue avec la sainte que le narrateur rassemble les traces du passé : ces émotions enfouies, souffrances et questions sans réponse, ce délaissement où l’on se croit et que personne ne vient apaiser – l’extinction anonyme de notre plus intime, de ce plus humain qui disparaît parfois plus vite que les chairs.

Sans être croyant, Patrick Autréaux s’interroge ici sur le sens d’une vocation, mystique ou littéraire, sur les métamorphoses du corps, sur ce qui se transmet à notre corps défendant, sur le devenir de l’écrivain, avec cette rigueur sensible qui caractérise son écriture.

Ce roman autobiographique inaugure dans son travail un nouveau cycle, Constat.

 

Note d’intention de l’auteur :

Ce projet en cours, Constat, inaugure un cycle nouveau dans mon travail. Il fait écho, par bien des aspects, à mes écrits inauguraux, et vient donner un cadre plus vaste à mon travail antérieur. Mais j’explore ici des lieux et temps que je n’ai pas creusés dans mes précédents livres.

Parti d’une remarque de Ferdinando Camon – que j’ai commentée dans un article sur cet auteur (in Europe, 2023) : Partout où je suis passé, je suis un non-reconnu, un expulsé, un non-accepté : famille, pays, monde littéraire, monde catholique, Parti communiste, psychanalyse , j’évoque l’impossible place que donne l’écriture à celui qui s’en empare.

Ainsi au fil de plusieurs livres indépendants, je projette de dessiner le parcours d’un transfuge de classe : une ascension sociale et ses limites. Bien que ce constat ne soit que la confirmation banale des lois sociologiques, le moi narrateur y oppose toutefois cette détermination : entretenir le feu de ce qui l’a inconsciemment poussé et pousse encore. Ecrire, c’est rompre les amarres de toute docilité.